Croeso i Cymru

Un été caniculaire annoncé et on prend la direction du Nord, vers l’Angleterre et le Pays de Galles pour retrouver un peu de fraîcheur.

La combinaison qui nous va si bien en vacances « camping-car + vélo » est une fois de plus validée. Entre villes et campagne, nous avons adoré nous laisser porter par le dépaysement offert par les îles britanniques : petits camions de glaces ambulants aux couleurs pastels, spectacles de rue de Londres, mots imprononçables en Gallois (« tynnwch » pour « pull »)… sans parler de la conduite à gauche. Et même à vélo, ce n’est pas si simple!

On commence par la côte Sud anglaise et ses falaises d’albâtre, qui resplendissent de blancheur sous le soleil. Quel contraste avec les eaux particulièrement turquoise de la Manche ! Les pelouses sont grillées par la chaleur et le rayonnement inhabituel des semaines passées. La région est champêtre avec peu de zones complètement sauvages. Et il n’est d’ailleurs pas si facile de trouver où dormir en camping-car.

C’est ensuite en vélo que nous sillonnons les pistes de la New Forest, entre séquoias (bien petits par rapport à leurs cousins américains), pins, biches et petit port.  

Londres nous appelle ! C’est un véritable coup de cœur pour nous qui ne sommes pourtant pas très citadins. Nous avons arpenté la capitale à 10, en bonne compagnie avec nos amis et sous un beau soleil ! Nous nous y sommes sentis bien, à notre place et avons ressenti les vibrations de cette ville cosmopolite, savant mélange d’excentricités et de codes à respecter, de décontraction et de retenue, de monuments et d’immenses parcs de verdure. Les musées gratuits nous ont enchantés et parfois déstabilisés, notamment quelques œuvres contemporaines de la Tate Modern.  Les enfants ont estimé que leurs propres œuvres auraient tout à fait leur place parmi certains artistes !

Le London Eye, Big Ben, les rives de la Tamise, le Borough Market, Hyde Park, Buckingham Palace… autant de noms connus qui résonnent maintenant d’une autre façon pour nous.  Nous avons surtout adoré les spectacles de rue, à Covent Garden ou sur Picadilly Circus, captivés par les exploits physiques ou acrobatiques des artistes et par le spectacle verbal qu’ils offraient. De vrais professionnels ! Enfin, une autre expérience inoubliable : la comédie musicale « The Lion King » ! Waouhhh pour le jeu de mimes, les chants, les costumes et les décors extraordinaires. 2h00 hors du temps pour tout le monde.

Le camping-car nous conduit ensuite à Bath, célèbre pour ses bains romains. Nous le laissons à Bradford-on-Avon pour longer le canal jusqu’à la ville thermale. Une balade très agréable, où nous côtoyons des péniches habitées à l’année dans une ambiance très bohème. Les vestiges des bains nous montrent l’ingéniosité de cette civilisation : système d’aération, de circulation de la vapeur, de refroidissement, de palan pour la manipulation des blocs de marbre pour la construction. Une visite très instructive et agréable, avant un retour par une voie verte et sa série de tunnels dont on essaie de deviner la longueur.  

Ces quelques coups de pédales confortent notre envie de partir en itinérance et nous choisissons le Pays de Galles et le parc national de Brecon Beacons pour notre première boucle. La route est très étroite, ne permettant qu’à trois vélos côte à côte de rouler, bordée par des haies de noisetiers et de ronces, délimitant des pâturages… Heureusement, nous ne croisons que peu de voitures. Ces remparts naturels nous cachent la vue mais nous réservent de belles surprises gustatives entre framboises et mûres. Encore une fois, il n’est pas si facile de trouver un bivouac, les champs sont tous clôturés et peu de fermes pour demander l’autorisation de camper. Surtout que beaucoup d’agriculteurs profitent des mois d’été pour transformer leur champ en camping mais sans aucune infrastructure. Ce jour-là, arrivés à la petite chapelle de Capel-y-ffin après 15 km de côtes et pour la première fois, nous rebroussons chemin sur 5 kilomètres pour rejoindre un champ/camping un peu moins onéreux que les autres ! Pas de sanitaires, pas de douches et un champ en pente ! Heureusement, le camping a une super aire de jeux pour les filles : un pneu accroché à une branche. Elles y passeront la soirée et la matinée.

Le lendemain, nous repassons donc devant notre petite chapelle, quand Damien crève, première fois en plus de 6000 km… Une famille anglaise en vacances nous invite à nous rafraîchir et les filles entament une partie de pétanque avec les enfants. Nous échangeons sur le voyage et le Brexit sujet omniprésent pour beaucoup d’entre eux.  C’est reparti pour l’ascension du Gospel Pass. Le sommet est un pâturage géant, d’herbes rases et de fougères. Moutons et chevaux y paissent tranquillement. On peut y acheter des œufs frais en laissant notre contribution dans la petite boîte prévue à cet effet ! On peut même s’offrir une petite glace avec un panorama à 360 ° sur les plateaux de ce parc national.

Même problématique que la veille pour trouver un bivouac. Heureusement, un chemin de grande randonnée longe un champ et en contrebas une petite terrasse d’herbe nous paraît l’endroit idéal. Certes, nous sommes sur un lieu privé d’élevage mais le chemin étant public, on s’autorise le droit de dormir sur ces bords. Nous passons une agréable après-midi à lire, écrire ou jouer. Nous enchaînons d’ailleurs en duo les parties d’un nouveau jeu de cartes basé sur la rapidité. Les choses se gâtent après le repas vers 20h30 ! Une vache se montre, puis deux, avant d’être encerclés par un troupeau d’une vingtaine de bêtes curieuses et franchement désireuses de se réapproprier les lieux. Et quand un taureau noir et massif arrive, nous décampons prestement sur la route derrière la petite barrière du chemin, laissant tout en plan derrière nous ! Et là, les vaches font comme chez elles, se régalent de la poubelle, bavent partout, piétinent bâches et sacoches. Le taureau ne semble pas trouver le tandem à son goût et d’un coup de cornes, le pousse à terre, fier de cette victoire contre cet adversaire inconnu et immobile. Nous n’en menons pas large, même à l’abri sur la route ! Nous attendons sagement que le taureau s’en aille pour faire une petite incursion au milieu des vaches et leur faire comprendre qu’on souhaite récupérer nos affaires. De toute façon, on a compris le message : elles sont chez elles, et ne nous accorderont pas la moindre petite parcelle de pré. Pas de dégâts parmi les affaires à part des litres de bave ! Et nous voilà, à 21h00 sur le bord de la route en train de rattacher toutes les sacoches. Le message est clair de la part des filles aussi : pas question de bivouaquer au milieu de ces « bêtes féroces »! On en rigole, mais c’est vrai qu’une vache entêtée est toujours impressionnante et peut se révéler dangereuse, sans parler du taureau à qui il n’était pas question de se frotter !!! A 22h00, nous déambulons dans la rues désertes de la petite ville de Hay-on-Wye et réveillons la gérante du camping de la ville pour une bonne nuit en sécurité ! En hommage à ces moments dont on rit maintenant, le jeu de carte auquel on a tant joué dans ce pré, sera rebaptisé « jeu de la vache » .

La campagne galloise nous réserve des rivières rafraîchissantes aux plages de galets et de belles routes désertes… seulement empruntés par notre convoi et les tracteurs du cru. Peu de dénivelé ici mais de très fortes pentes. A un petit col, une prairie et un auracaria, arbre symbole de notre voyage au Chili sont autant de signes qui nous indiquent qu’il faut s’arrêter malgré notre petite étape…. On s’entraîne encore chacun à notre tour au fameux « Jeu de la vache », chacun gagnant encore en rapidité !

Le lendemain, nous décidons de terminer cette première boucle et de rallier le camping-car. Une bonne surprise nous attend : nous longeons toute la journée un canal ayant servi à partir du 18ème siècle au transport du calcaire, du charbon et du fer, des mines vers la ville côtière de Newport.  Le chemin de halage, plat et à l’ombre, fait l’unanimité. Il s’en dégage un calme apaisant, propices à la réflexion intérieure et aux histoires secrètes que les filles s’inventent en roulant. Quelques trouées dans les chênes centenaires nous offrent de belles perspectives sur les montagnes aux sommets plats environnants. L’une d’entre elles s’appelle d’ailleurs the Table Mountain de par sa ressemblance avec celle du Cap, en miniature bien sûr. Au détour des écluses, nous en apprenons un peu plus sur l’histoire du Pays de Galles, ses mines et le transport de ses minerais, la reconversion progressive des canaux en attraction touristique. Nous passons sous de magnifiques ponts de pierres, longeons des fours à chaux utilisés comme abris anti-bombardement pendant la deuxième guerre mondiale. Nous doublons les péniches et faisons la connaissance d’une famille catalane également en vélo et en camping-car, que nous allons revoir avec grand plaisir tout au long de notre séjour gallois.

L’étape de repos au camping-car sera marquée par un repas indien particulièrement épicé et quelques kilomètres de route. En effet, après cette première boucle itinérante très bucolique mais peu sauvage, les enfants ont envie de baignades et de mer, les parents de montagne ! Sur un coup de tête, nous décidons donc de rejoindre le parc naturel de Snowdania, satisfaisant ses deux envies, au nord du Pays de Galles. L’après-midi même, vers 17h00, après avoir laissé le camping-car sur un parking plus ou moins autorisé, nous réenfourchons les vélos sur une piste bien caillouteuse, au cœur d’une forêt de pins. Beaucoup de chemins de VTT serpentent entre les arbres. Nous empruntons la piste noire un peu trop dure pour nos montures chargées ! A notre habitude, nous poussons et portons les vélos alors que le soleil décline. Après un petit pont, au bord d’un torrent, Manon repère un aplomb plat et herbeux sur l’autre rive. Les filles commencent à avoir un œil aiguisé pour la recherche des bivouacs. On pense qu’il est interdit de camper mais vu l’heure tardive, on s’en donne la permission. Par contre, un panneau nous indique qu’il est formellement interdit de chercher de l’or sur ce terrain privé, au cas où l’idée nous aurait traversé l’esprit. Un coup d’œil à la carte nous apprendra en effet qu’il y a d’anciennes mines d’or en amont. L’humidité et le froid tombent vite. Nous nous lavons près de la rivière éclairée par la pleine lune. Quel romantisme, si on fait abstraction du nuage de froid laissé par nos respirations à cette heure tardive ! Il ne fait en fait que 6 petits degrés. 

Réveil très matinal pour éviter les gardes champêtres ! La forêt se réveille avec nous et le chant des oiseaux, les branches craquent, la rosée scintille prisonnière des toiles d’araignées. Nous prenons de l’altitude sur des pistes forestières bien roulantes et quittons progressivement le couvert des arbres pour découvrir un paysage vallonné et doré. Les hautes herbes oscillent sous le petit vent tout juste rafraîchissant. Les murs de pierre ancestraux ordonnent ce paysage, où nous sommes vraiment seuls. Au loin, des montagnes pelées et plus élevées dominent les mamelons herbeux.

Soudain, en bord de route, une exclamation retentit à l’avant du peloton… (on en déduit donc facilement ma position en fin de peloton ! ). Héloïse met directement un coup d’accélérateur :

  • Des myrtilles ! s’exclament en chœur Manon et Lucie, qui ont déjà abandonné leur vélo pour se ruer sur les bas-côtés parfaitement exposés plein sud. 

Au bout de quelques minutes, nous sortons notre grand tupperware, et la cueillette devient sérieuse. Il y en a à profusion !  On en ramasse pas loin de 1kg, ne sachant plus où les mettre ensuite ! 

On s’arrête en pleine montée pour pique-niquer sur la piste… On sent qu’on en a plein les jambes alors on s’écoute ! La compotée de myrtilles au lait concentré sucré est mémorable.

Ce soir, nous dormons sur un petit promontoire avec une vue à 360 degrés sur les steppes environnantes, qui appellent à la contemplation. Pas un bruit ne vient troubler la quiétude des lieux.  Nos seuls voisins sont de gentils moutons gallois…. Pas de vaches à l’horizon, ouf ! La nuit sera calme et reposante, sous la voûte étoilée.

En redescendant vers le prochain village, nous longeons une belle rivière, aux eaux rougies de tourbe et traversons une zone militaire minée où il est strictement interdit de s’arrêter. Heureusement que nous avions trouvé un bivouac avant, hier soir. La descente sur le village de Trawsfynydd et le lac au même nom imprononçable est vraiment plaisante. Nous trouvons un petit coin tranquille pour le repas de midi et encouragée par la chaleur du jour, nous nous rafraîchissons et nous lavons au bord du lac. Quel plaisir tout simple ! Nous nous rhabillons d’habits mouillés, qui sècheront en roulant. Nous n’aurions jamais pensé avoir le besoin de faire ça au Pays de Galles ! Nous verrons ensuite que le lac est bordé par une centrale nucléaire, en cours d’arrêt depuis 1993… en plein cœur d’une réserve naturelle, nous n’y aurions jamais pensé… Bon… petit sujet d’inquiétude… les eaux devaient garder un peu de radioactivité. Mais aucun panneau d’interdiction ne nous a alerté !

La piste qui suit le lac est très agréable, et nous décidons de faire un détour par un autre petit lac qu’un local de l’étape nous a conseillé pour nager.

Petit détail qu’il avait omis de mentionner : une montée de 20 %  permet d’y accéder ! Heureusement, elle est très courte. Avec Héloïse, sur le tandem, nous allons très lentement dans ce cas…

  • Regarde, Maman, il y a un champignon…

J’avoue que, à ce moment-là, je suis en train de souffler comme une vache et que je ne fais pas particulièrement cas de sa remarque, quand quelques instants plus tard :

  • Je crois que c’était un cèpe….

Je m’arrête, gare le tandem et retourne de quelques mètres en arrière. Un magnifique bolet a poussé sous un petit hêtre ! La lenteur n’a pas que des inconvénients ! 

Le lac est en fait encerclé d’une épaisse forêt. Au niveau de la retenue d’eau, deux familles profitent de la fraîcheur de l’eau. Nous les imitons, avec un peu plus de difficultés ! Mais c’est toujours un plaisir et un besoin de se débarrasser de la poussière de la journée quand on le peut. Le lac se remplit peu à peu et pendant que les filles récoltent mûres et myrtilles pour un deuxième dessert étoilé, nous discutons avec les différents promeneurs, venus pour marcher ou nager ! Tous parlent gallois entre eux, langue aux accents très gutturaux… Le dépaysement est garanti ! La lumière décroît doucement, les eaux s’assombrissent et se figent pour la nuit.

Nous prenons l’habitude de démonter la tente très tôt pour ne pas gêner les marcheurs matinaux qui arpentent les abords du lac dès 6h00 du matin.  On prend notre temps ensuite. Les eaux sombres du matin se transforment en un parfait miroir dans lequel la forêt se duplique à l’infini.

L’objectif aujourd’hui est de se baigner dans la mer d’Irlande en fin de journée. Nous traversons encore de belles forêts, et trouvons des routes désertes et ombragées. Au niveau des petits cols que nous franchissons, nous pouvons admirer les différentes montagnes du parc qui s’élèvent en bordure de côte et notamment le beau pic de Snowdania, à 1093 mètres d’altitude. Un choix cornélien s’offre en nous à un embranchement après le pique-nique : à droite, la route côtière relativement plate mais passante, à gauche une petite route sur les pentes se jetant dans la mer, très raide mais plus sauvage. On n’hésite pas longtemps ! On prend à gauche et quelle belle décision ! Oui, ça monte, oui on pousse les vélos, oui il fait très chaud et nous avons déjà bu la moitié de l’eau demandée à une maison au niveau de l’intersection ! Mais quel spectacle ! Derrière nous, les montagnes toujours aussi pelées et sauvages malgré leur basse altitude. A notre droite, les prés verdoyants, bordés de magnifiques murs de pierres, se jettent littéralement dans la mer ! Au loin, les flots scintillants sous le soleil de l’après-midi ! La montée passe vite tant on est absorbé et apaisé par ce paysage.

C’est exactement ce qu’on était venu chercher ici, et on n’est pas déçu. Et la descente est géniale, sur une petite route goudronnée, à la pente idéale pour profiter du paysage et sentir se rapprocher l’air iodé et la baignade. Nous terminons de rouler sur le sable de la plage. Et en quelques minutes, nous sommes tous à l’eau surpris par sa température relativement douce.  

Sous la lumière de fin d’après-midi, la mer se transforme en une étendue d’argent… Il est tard quand nous sortons de l’eau. En discutant avec des locaux, nous sentons qu’il serait envisageable de bivouaquer dans l’étendue sauvage derrière les dunes. L’endroit est magique, au bord d’un stêr, et nous offrira le plus beau coucher de soleil et lever de lune de notre vie. A l’horizon, le soleil rougeoyant descend doucement vers une langue de terre bleutée, sa lumière orangée se reflète sur une mer d’huile ! Chaque seconde de ce spectacle nous offre de nouvelles teintes, plus subtiles encore que les précédentes. Alors que le soleil a complètement disparu derrière la péninsule, le ciel s’embrase, la terre semble être un décor de carton posé sur les flots. C’est irréel ! Les filles profitent de la plage jusqu’à la nuit tombée, alors que près de notre campement, nous discutons avec un couple de londoniens en vacances dans le coin, depuis 30 ans… La lune, ronde et lumineuse, se lève sur le stêr entre les mâts des bateaux et nous profitons tous les 4 de ce moment unique et simple. 

Le lever du soleil sera tout aussi magique, bleuté et rosé à la fois, au son des cris des mouettes et du tintement caractéristique des haubans contre les mâts des voiliers … Nous ne sommes pas pressés pour cette dernière journée de vélo. Nous nous baignons, seuls sur la plage ! On récupère de l’eau douce aux toilettes pour un bon shampoing. On rassemble les affaires doucement.

On n’évitera pas la grande route aujourd’hui ! Alors que nous attaquons la descente sur un trottoir, le réchaud se détache à cause des vibrations et tombe parfaitement sous ma roue arrière… Je roule donc à pleine vitesse dessus. Nous nous arrêtons pour constater les dégâts et ce n’est pas joli joli !   Ce qui est sûr c’est qu’on ne pourra pas cuisiner ce soir si on ne rejoint pas le camping-car. Quant à réparer le réchaud, c’est une question que l’on reporte à un moment plus propice à la réflexion que notre halte forcée en bord de route.

Nous rejoignons une piste cyclable à Barmouth, station balnéaire en pleine effervescence sous la chaleur inhabituelle de l’été. Par un curieux concours de circonstance, nous revoyons nos amis catalans avec qui nous étions restés en contact. Nous décidons de nous retrouver ensemble ce soir près d’une rivière !

Les derniers kilomètres gallois enjambe l’estuaire de l’Afon Mawddach grâce à un pont de bois réservé aux trains et aux cyclistes ! Nos longeons ensuite la rive gauche entre bancs de sable et forêt. La piste est très agréable et nous roulons vite, impatients de retrouver nos (futurs) amis.

Damien finira seul les 10 derniers kilomètres pour aller récupérer notre maison roulante, pendant que les filles et Mina profitent de la fraîcheur de la rivière après une longue journée de vélo et de soleil. 

Autour de quelques spécialités catalanes, les discussions vont bon train avec Elena, Benjamin et Mina. Nous partageons de très bons moments dans un mélange d’anglais, d’espagnol et surtout de français !

Après un dernier bain au petit matin, nous rangeons les vélos et nous nous dirigeons vers les ultimes étapes du voyage. Nous rejoignons la péninsule de Lynn. Nous reprenons les vélos à la journée pour découvrir ses falaises, ses plages, ses phoques et ses délicieux Fish and Chips, dévorés après un pique- nique trop léger englouti sur une tombe, abrités par les murs de l’église. C’est en effet la seule portion d’ombre trouvée dans ce village !

Nous retrouvons Elena, Benjamin et Mina pour une superbe randonnée sur les hauteurs de Conwy, charmant village fortifié en bordure d’estuaire. Les bruyères et les ajoncs colorent les flancs des collines de leurs nuances de violets et de jaunes. Les fougères sont omniprésentes, tout comme les moutons et les chevaux. Nous adorons arpenter les murailles de la ville pour prendre un peu de hauteur et avoir un autre point de vue sur les toits et le port. Nous nous disons au revoir au bout du Pays de Galles en prévoyant de se revoir dans les Pyrénées.   

Une dernière étape vélo s’impose quand même. J’ai très envie de visiter le Parc du Dartmoor, vers les Cornouailles, en vélo et en tente, seul endroit d’Angleterre où le bivouac est formellement autorisé ! Ce serait dommage de s’en priver. La famille cède. Nous partons pour deux petites journées tranquilles, uniquement sur des pistes sous une météo indécise. Devant nous, des steppes et des promontoires de rochers granitiques, les Tors, empilés par quelques esprits supérieurs selon la légende… plus rationnellement par une succession de phases géologiques ! La fin de journée verra les filles explorer et escalader ces formations, dans une lumière surnaturelle. Repas froid ce soir, puisque la question du réchaud reste toujours en suspens !

Le brouillard anglais nous cueille au réveil. Les herbes hautes se perlent d’humidité ! Nous sommes au cœur des paysages et des lieux qu’a choisi Conan Doyle pour son cher Sherlock Holmes et le Chien des Baskerville. Nous en profiterons d’ailleurs pour relire ce classique ! Damien chute bêtement sur les derniers mètres, tant la piste est mauvaise. Heureusement, le casque était là, plus de peur que mal !

Nous rentrerons bien mouillés mais très satisfaits de ces derniers coups de pédales.

Le ferry et la Bretagne nous appellent !La suite au prochain épisode… car une suite, il y en aura une très bientôt !

10 commentaires sur “Croeso i Cymru

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  1. Joli voyage, comme d habitude si bien raconté que l on s y croirait , profitez bien, les filles ont drôlement grandi. Passez nous voir un jour, Assas saint drezery en vélo c est toute une aventure non ? Alain et Odile

  2. Super reportage que nous avons vraiment apprécié de lire (alors que nous sommes à Santiago-de-Compostela et sur la route de Lisbonne), car Angleterre, Pays-de-Galles, Irlande et Ecosse sont notre prochaine destination en juin prochain. Alors grand merci !

  3. So happy to see you all on the road again. Thank you for sharing your wonderful adventures Saludos desde el sur de chile Renzo&Paola

  4. Magnifique voyage chez nos amis voisins Anglais et Gallois, par lequel vous nous faites découvrir des paysages splendides, une capitale extraordinaire ( London ) et un vécu quotidien qui donne. très envie d’aller voir de plus près !! Bravo et gros bisous

  5. Merci de ce merveilleux voyage, Merci de ces découvertes de Vie humaines, de la nature (le taureau et ses vaches, …)… Bonne continuation et profitez pleinement de tous ces moments de Vie, de la Vie si précieuse. Patrick

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par Anders Noren.

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