Premiers tours de roue en pays Cathare

Premier test grandeur nature pour ces 10 jours dans les Corbières, pour suivre la route des Cathares. Premier challenge réussi : tout le matériel est rentré dans les sacoches, peu de vêtements, surtout des affaires chaudes, une bonne réserve de nourriture pour être autonome, notre tente familiale, et surtout nos nouveaux duvets en plume reçus in extremis la veille !! C’est parti, l’aventure peut commencer…

Entre pluie et soleil, excitation et inquiétudes, nous faisons nos premiers tours de roue sur la route de Termes, dans l’Aude. Une belle montée pour commencer et éprouver nos souffles ! Nous nous arrêtons rapidement pour monter le premier bivouac dans un virage pseudo abrité de la tramontane.

Au petit matin, – enfin, vers 9h00 !!! -, un timide soleil nous accueille ainsi que de violentes rafales de tramontane. Elle nous accompagnera pour les prochains jours ! Petit déjeuner tranquille et en 2h tout est remballé. Nous attaquons la suite de la montée, pour être récompensé par une vue panoramique sur la vallée et le Canigou. Les nuances de vert se disputent les flancs des collines, égayées par les fleurs printanières multicolores.

Les places des villages croisés en cours de route accueillent nos pique-niques, nos goûters et nos jeux. A Maisons, c’est un plateau de petits chevaux grandeur nature qui amusera beaucoup les filles. A quelques kilomètres de là, un champ d’arbres fruitiers en bord de rivière sera le lieu idéal de notre deuxième bivouac. Les filles inventent de multiples histoires en partant à la découverte de ce nouvel environnement. Le vent souffle toujours et viendra hacher notre sommeil. Les rafales dans les branches des arbres se font entendre de loin et nous craignons un peu pour la tente. A tort, tout résiste bien et au matin, tout le monde est en forme pour l’étape, surtout que la descente nous tend ses bras et que Papy a prévu de nous rejoindre.

Les Gorges de Torgan sont une belle découverte. Il n’y aucune circulation, il fait bon, et nous multiplions les pauses pour admirer les troupeaux de moutons. Héloïse ne se lasse pas de comparer les nouveaux nés et nous trouvons un petit nom à chacun.

Entre deux rafales de vent, nous entrons dans Cucugnan et à l’unanimité, ce sera resto et hamburger frites pour tout le monde ! Nous atteignons ensuite le château de Quéribus avec l’aide reposante de Papy. La forteresse bâtie certainement dès le Xè siècle au sommet d’un piton rocheux de 728 mètres semble toute aussi imprenable qu’au temps des Cathares. Le vent souffle avec une force impressionnante et nous devons tenir les filles !! L’élégance de la salle du Pilier avec ses voûtes cintrées contraste avec la force qui se dégage de ces murs. On déambule entre ces murailles percées de meurtrières, sur les terrasses, dans les passages souterrains que l’on atteint après un long escalier à vis. De quoi réviser tout le vocabulaire des châteaux!

Le soir venu, nous nous trouvons un coin abrité le long du GR34, où deux biches nous souhaitent bonne nuit !!

Le château de Peyrepertuse nous tend ses murailles, parfaites prolongations de la falaise blanche. Seulement 4 petits kilomètres nous séparent de la porte, jadis âprement défendu par les chevaliers. Mais quels 4 kms !!! Une grosse côte et un vent de face nous font mettre pied à terre et c’est à la force des bras que nous montons. Vaincus, nous laisserons les vélos sur le bord de la route pour continuer et enfin découvrir ce deuxième château qui nous nargue depuis quelques heures.

Heureusement, quelle récompense : Une vue à couper le souffle avec la mer d’un côté, la chaîne des Corbières et le pic de Bugarach de l’autre, des passages secrets au milieu des buis, un escalier creusé dans la roche de 77 marches – on a vérifié 3 fois, vous pouvez nous croire – !!!

Après un repas frugal à l’abri du vent et du soleil, nous reprenons la route rapidement, motivés par la fin de l’étape : une pause gastronomique et bienfaitrice chez Mémé Louisette. Un bon repas, des douches, un vrai lit, des jeux avec Mémé….

Le bonheur tout simplement et de quoi nous requinquer pour la suite. Nous lui faisons découvrir nos montures et notre chargement, discutons de l’itinéraire des prochains jours. Mémé Louisette a parcouru toutes ses routes à pied dans sa jeunesse et nous nous régalons de l’entendre raconter ses souvenirs.

Mamie nous accompagne sur la route et nous mettons cap sur le pic de Bugarach !! Le soleil est au rendez-vous, et le vent n’a pas faibli. La montée est progressive. Le pic, aux cheminées vertigineuses, se rapproche à chacun de nos coups de pédale. Héloïse, elle, préfère garder son énergie pour parler, questionner Pap, jouer, voire s’octroyer une petite sieste à l’avant du tandem. Lucie m’accompagne en rythme et Manon fait cavalier seule devant, adoptant un rythme régulier et efficace. Nous ne nous lassons pas d’admirer le paysage et ses camaïeux de verts. Au col du Linas, nous basculons de l’autre côté du pic, à la physionomie plus arrondie mais toujours aussi impressionnante. Nous profitons d’une longue descente. Waouh !! Quel régal !  Nous nous arrêtons à l’observatoire des vautours, et en profitons pour découvrir un pont romain au fond de gorges dissimulées par la végétation. Le campement est vite monté, entre deux troupeaux de vaches. La lumière du soir illumine des champs de genêts. Le ciel se teinte de rose pâle. Nous sommes seuls dans cette prairie seulement accompagnés par le chant de oiseaux et les vols planés des vautours au-dessus de nos têtes. Cette communion avec la nature st si reposante et bienfaitrice.

Le lendemain, mêmes équipes, avec un programme de montées. Il fait beau et chaud, le vent s’est un peu calmé. Nous commençons notre montée vers Sougraigne et Fourtou, par une petite route ombragée.  Contrairement aux jours précédents, la circulation est dense. Qui l’eût cru sur cette route départementale. Il faut dire qu’en ce jour férié, une visite de ferme est organisée et nous nous trouvons sur l’itinéraire emprunté. Tant pis, nous allons à notre rythme, encouragé par les conducteurs, malgré les ralentissements occasionnés. Nous nous dirigeons vers des sources d’eau salées près desquelles nous déjeunerons. Pas question de faire le plein d’eau ici. Alors, motivé et en forme, nous continuons la montée, en espérant trouver un beau bivouac en bord de rivière. Chaque coup de pédale nous donne bien chaud et le col est atteint avec soulagement ! La descente rapide, mais tellement plaisante sans circulation, ne nous permet de trouver un coin plat et adapté. Nous demandons conseil à un couple à vélo. Ils nous mèneront à la maison du garde forestier qui accepte que nous campions près de sa maison en bordure de rivière. Nous l’avons notre coin rêvé ! Nous en profitons pour faire une toilette approfondie dans la rivière, pour le plus grand plaisir des filles, très amusées de cette douche en plein air. Entre éclats de rire et exclamations dues à la température de l’eau, nous passons un agréable moment de détente et une bonne soirée.

La pluie nous réveille. Nous passons donc la matinée sur place, pour faire sécher le matériel. Une coccinelle qui passait malencontreusement par là, devient à son insu la complice de jeu des filles. Héloïse la baigne, Manon la promène, Lucie la câline. Il est pourtant temps de la quitter et de reprendre la route. L’étape est très courte, le long de gorges, toute en descente. Au détour d’un virage et contre toute attente dans ce paysage encaissé, nous dénichons un grand terrain de foot et un auvent. Après avoir gagné l’autorisation des propriétaires, nous nous installons sous cet abri en prévision de la pluie de la nuit !  Comme notre tente n’est pas autoportante, nous rivalisons d’imagination pour fixer chacun des liens. Elle n’aura jamais été aussi tendue. Les filles se défoulent dans le champ avant de s’entraîner à dessiner des lamas ! Pâtes au pesto ce soir, sur une table, le grand luxe !!!

La fin de la boucle prévue se profile à l’horizon, mais personne n’a vraiment envie de rentrer. Alors, nous faisons traîner cette dernière étape. Nous remontons les gorges de Termes, propices au Canyoning, passant de tunnels en tunnels. Enfin, nous rejoignons ce village, point final des vacances. Nous décidons d’y dormir une nuit, un concert de musiques de la Route de la Soie étant prévu le soir même. Nous visitons le château de Termes, où de gros travaux de rénovation sont menés depuis plusieurs années. Nous essayons de reconnaître, les traces d’anciennes, cuves à eau, du donjon, de la Chapelle et profitons d’une vue dominante sur le village et les gorges environnantes. Les filles inventent comme toujours mille jeux qui enrichissent la visite de leur imagination.

 Nous demandons l’autorisation de camper à côté de la mairie. L’adjoint, un passionné de vélo, nous accueille chaleureusement. Ca tombe bien le concert est juste à côté (et un petit restaurant locavore juste en face). C’est son fils, qui rentre de ce voyage musical qui l’anime. Que demander de mieux qu’une immersion dans l’Asie Centrale pour clore notre séjour cathare et rêver à nos aventures sud-américaines.

Ces 9 jours nous ont permis de tester notre matériel et nos équipages. Le bilan est plus que positif. Les filles se sont montrées enthousiastes et toujours motrices. Nous avons été accueillis avec bienveillance et chaleur dans tous les endroits que nous avons traversés. Les paysages nous ont enchantés. Même à côté de chez nous, l’aventure a débuté.

Une réflexion sur “Premiers tours de roue en pays Cathare

  1. Helene B. 21 juin 2019 / 08:17

    Coucou les petits lamas!
    Je me suis régalée à lire votre première aventure à vélo. Je vais montrer tout cela à Alix et Zélie : cela les motivera peut-être à quelques tours de roue supplémenaires 😉
    Encore une fois, vous nous faites rêver et on vous suivra tout le long du voyage !
    Je vous embrasse bien bien fort tous les 5 !
    Hélène (la petite 🙂 )

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