Entre les gouttes

Depuis Iloca, la route borde l’océan. C’est très agréable de rouler en longeant les plages de sable noir. Sa couleur est due aux roches volcaniques, le Chili étant réputé pour ses nombreux cratères en activité. Le risque de tsunami est également bien présent.

Partout, des panneaux indiquent les voies d’évacuation à emprunter et tous les mois, des essais de sirènes sont effectués.

Bientôt, nous parvenons à une lagune, près de laquelle paissent chevaux et vaches. Un gros rocher accessible par un pont la domine et nous invite pour le pique-nique. Une mini chapelle y est érigée comme à de nombreux endroits ici.

La végétation est contrastée: devant nous, c’est la Lozère et ses forêts de pins, un peu plus loin, l’Australie et ses eucalyptus à l’odeur enivrante et si au détour d’un virage apparaît une petite maison de bois, nous découvrons un jardin planté de palmiers, papayers et avocatiers, comme dans les îles.
Nous traversons ensuite un mini désert de dunes noires. De nombreux vautours tournoient au-dessus de nos têtes, les charognes sont nombreuses en bord de route. Il faut dire que le trafic routier s’est intensifié. De nombreux camions grumiers nous dépassent à vive allure. L’industrie du bois occupe une place majeure. Les scieries se succèdent en bord de route, transformant les troncs livrés en poutres pour le bâtiment, qui repartent grâce à d’autres camions vers les villes alentours. Des usines de cellulose dégagent l’odeur caractéristique du traitement des pâtes à papier…

Nous prenons une piste sur la droite pour nous éloigner de l’axe principal et trouvons un petit coin où poser notre tente sous les pins.

Nous commençons la journée par une belle montée. Nous observons les oiseaux du grand marécage de Putu. La route ensuite s’éloigne de la mer et devient moins intéressante. Nous sentons que nous nous rapprochons d’une grande ville, car la circulation devient importante. Après une longue étape, nous parvenons aux faubourgs de Constitucion. Comme tous les alentours des villes, ils ne sont guère accueillants. Enfin, nous atteignons la plaza de Armas, où nous faisons halte devant un stand de churros. Un régal!!! Nous trouvons une petite pension familiale et partons en quête d’un repas revigorant.

Le lendemain, c’est découverte de la côté, de ses mini « pains de sucre », de ses lions de mer. Sans oublier la séance de luge sur sable imrovisée. (voir article précédent) Fourbus mais contents de cette belle journée, nous cuisinons dans le patio de l’hôtel.

Finalement, nous l’aurons notre journée pluvieuse! Vendredi 6 septembre au matin, un fin crachin nous réveille. Une éclaircie nous décide à partir. Antonia, la propriétaire de la pension, offre aux filles deux paquets d’oréo pour leur plus grand plaisir. La montée dans les quartiers périphériques est pénible et très fréquentée par tous types de véhicules. Il s’est remis à pleuvoir. La chaussée est glissante. Bref, des conditions idéales!!! Nous décidons de faire demi-tour. Nous n’aurions jamais dû nous mettre en route. De retour à notre pension – on les avait quand même avertis qu’ils avaient une chance de nous revoir – , nous nous approprions la salle à manger chauffée pour nous sécher, pique-niquer et faire l’école. Il faut dire, qu’en cette saison, nous sommes encore une fois les seuls. Lucie voit le bon côté des choses et se dit que Antonia nous redonnera des sucreries en repartant demain. Le soleil revient en début de soirée et nous déambulons dans les rues animées de Constitucion. Repas gastronomique avec pizzas et churros!

Samedi, (les poches pleines de chocolats encore gentiment offerts, Lucie avait raison!) nous re-découvrons la montée sous le soleil cette fois-ci. C’est bien plus agréable, même si nous avons hâte de sortir de l’agglomération et des pots d’échappements. Quelques kilomètres plus tard, la route est en travaux. C’est une piste de boue et de gravillons. Heureusement que nous avons fait demi-tour hier, nous ne serions jamais passés! Une circulation alternée est mise en place sur de longues distances, mais à notre allure, nous n’avons pas le temps de suivre le rythme! A midi, les filles repèrent un resto Los Olivos bordés d’oliviers comme à la maison. Nous retrouvons la formule Almuerzo del dia (déjeuner du jour) découverte il y a 13 ans en Amérique du Sud: une sorte de soupe/pot a feu avec riz, pomme de terre, légumes et viande. Le bouillon est aromatisé à la coriandre, un délice! Les propriétaires sont à nos petits soins et nous posent de nombreuses questions sur le voyage. Ils nous expliquent aussi le problème de l’industrie du bois au Chili. Tous les arbres endémiques disparaissent, au profit des exploitations de pins utilisés dans la construction ou d’eucalyptus, utilisés dans la papeterie. Les sols s’appauvrissent et se dessèchent, ce qui crée de réels problèmes d’approvisionnement en eau pour le reste des cultures.

La descente nous permet de retrouver l’océan. La route est toujours en travaux mais le responsable de la construction demande à l’un de ses camions de nous suivre pour nous protéger des voitures arrivant trop vite. C’est ainsi que nous rejoignons Pellines. Halte reposante avec ses rochers à escalader, ses plages et ses jardins verdoyants. La pluie est encore annoncée dans les prochains jours. Nous calons donc notre rythme sur celui des nuages.

14 commentaires sur “Entre les gouttes

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  1. Ah oui, Ohlala, que de péripéties, d’aventures, bravo vous avez du mordant !!! Bon courage, bises à tous!!!
    Denise et Jean

  2. ah, la Coriandre et l’AmSud, c’est toute une histoire d’amour !!! 🙂 Vous me rappellez tellement de souvenirs… Je vous envie !!! Profitez à fond !!!

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par Anders Noren.

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