Les chANDESris en vélo…ou pas!

La route asphaltée présente certes des avantages mais, la circulation est bien trop stressante pour nous. Nous décidons vite de prendre la clé des champs, et avec elle son lot d’imprévus…

Nous roulons à nouveau au milieu des plantations d’eucalyptus. L’une d’entre elles, avec un portail ouvert, nous accueille pour la fin d’après midi et la nuit.

Un beau coucher de soleil plus tard, nous continuons la piste, qui serpente maintenant entre des collines verdoyantes. Les pâturages ont remplacé les forêts alignées et monotones. Le paysage est apaisant. Les genêts en fleur tranchent sur le camaïeu de verts des arbres fruitiers. C’est le printemps!!!!!

Malgré de belles montagnes russes, nous passons une excellente journée dans ce cadre bucolique. Une autre plantation d’eucalyptus, à l’abandon cette fois-ci, sera notre maison pour la nuit. A l’horizon, une lune ronde et laiteuse se lève lentement au-dessus de la haie de peupliers. Le meilleur des spectacles pendant le repas, (après bien sûr celui des enfants)!

Le lendemain, nous remarquons beaucoup d’anciens feux, notamment dans les plantations, peut-être une technique d’écobuage!!! Quand nous découvrons aussi plusieurs carcasses de voitures brûlées, on se dit qu’il doit y avoir une autre explication. Rodrigo nous avait en effet expliqué qu’existaient des tensions entre l’état, les compagnies forestières et les communautés indigènes. Ces dernières incendient les forêts pour protester. En arrivant à Ercilla, ville la plus proche, nous nous apercevons en fait que nous venons de traverser une « zone rouge ». Il y a 15 jours, une attaque de la gendarmerie de la ville a fait la une des journaux. Plusieurs personnes s’arrêtent pour nous mettre en garde et nous conseillent de rejoindre Victoria… ville beaucoup trop éloignée pour nous. Malgré tout, nous prenons le temps de déjeuner et de faire le plein de courses. Au magasin comme au restaurant, on nous offre généreusement fruits et fromages après toute une série de photos devant les vélos. Nous nous éloignons néanmoins de la ville, un peu plus sur nos gardes que d’habitude. Nous n’aimons pas bivouaquer à proximité des agglomérations et à l’approche du village suivant (après une énième recommandation des locaux), nous décidons d’aller demander conseil aux « carabineros », les gendarmes. Ils nous confirment les tensions présentes… et nous invitent à planter la tente dans le jardin de leur caserne, après leur avoir confié nos passeports…. Après les mesures à suivre en cas d’attaque – « juste au cas où », heureusement que les filles ne comprennent pas trop l’espagnol!!! -, nous nous approprions le petit bout de pelouse sous l’œil des caméras de surveillance et surtout la cuisine de la gendarmerie. Heureusement, car il pleut des cordes!! A part une pluie bien soutenue, la nuit sera très calme. Trop humide pour les attaques!!!

Avant de reprendre la route, nous nous renseignons quand même sur la situation dans les régions que nous allons traverser les prochains jours. Nous appelons le site de la CONAF (office des parcs nationaux) qui gère le parc de Tolhuaca (coup de fil très important pour la suite….). Ils nous rassurent, « chez eux, tout est tranquille »! Nous conservons donc la destination finale mais décidons de prendre le chemin le plus classique pour rejoindre le parc. Nous prévoyons en effet d’y arriver dans 2 ou 3 jours (70 km et 900 de dénivelé) et devrons donc bivouaquer dans des zones un peu sensibles. Le chemin est très ombragé entre champs de colza d’un jaune étincelant et étendues vertes de jeunes pousses de blés.

Cet itinéraire présente aussi l’avantage de nous offrir 10 km de goudron, que nous rejoignons après la pause déjeuner. Quel plaisir de retrouver un peu de stabilité! Un pick up s’arrête à ma hauteur et un officier vêtu de vert (la couleur des carabineros) m’interpelle… peut-être un officier de la caserne… quand je vois sur sa veste le logo de la CONAF. Et là, je comprends ce qu’il me dit: « c’est bien vous qui m’avez appelé ce matin, au sujet du parc et de la sécurité? On y monte, on peut vous y amener ». Je n’en crois pas mes oreilles. Je leur dis d’arrêter mon mari qui est devant, un peu sceptique quand même devant la taille de leur « petit » pick-up. Mais, pas de souci, les 3 vélos rentrent en laissant la bavette arrière ouverte, nous nous entassons à l’arrière et c’est parti pour une entrée dans les Andes en pick-up. L’excitation est à son comble chez les filles. Nous ne croyons pas à notre chance! Nous atteignons le camping du parc après 1h30 de route au lieu des 2 jours prévus. Le site est magnifique! Nos bienfaiteurs nous offrent une nuit de camping et nous installent aussi un chauffe-eau dans les douches pour les « chicas »!

Nous profitons de la fin d’après midi pour randonner jusqu’à la lagune Malleco et à la chute du même nom. La forêt est un mélange de hêtres et de quillay, sorte de bambous qui prolifèrent partout et qui donnent un côté exotique à l’ensemble. Nous croisons des lézards exotiques eux-aussi!

Jamais sans mon sac à main!!!!

Après une nuit glaciale, nous grimpons jusqu’à un magnifique point de vue. Nous touchons du doigt les Andes et commençons à en mesurer l’immensité… et la fragilité. D’anciens incendies ont laissé des arbres fantômes d’où pendent des cheveux végétaux!

La fin d’après midi s’écoule paisiblement entre école, filtrage de l’eau, lessive et douches chaudes!

Jeudi 17 octobre, nous partons d’un bon pied, motivés par notre objectif du jour : les sources chaudes de Malleco. Nous devons d’abord terminer les 300 mètres de montée qui nous séparent du col. On souffle mais nous sommes récompensés par les paysages sauvages. Au col, première bataille de boules de neige sur un petit névé et découverte de l’arbre emblématique de la région l’auracaria, sorte de palmier/sapin!

Enfin, le Graal! Les bains chauds tant attendus… et l’hôtel qui va avec, car le camping est fermé jusqu’en décembre!

Les eaux souterraines chauffées par le magma du volcan Tolhuaca sortent dans une grotte à 95 degrés. Elles sont très chargées en minéraux. Leurs couleurs caractéristiques – bleu-vert pour le cuivre, jaune pour le soufre et rouge pour le fer, un vrai cours de chimie! – décorent les parois rocheuses. Un peu d’eau froide issue des glaciers et nous obtenons le mélange gagnant, à 40 °C, température idéale pour nous tous. Les filles s’éclatent, nous nous délassons après ces quelques jours humides en tente.

Nous profitons des eaux curatives de jour comme de nuit. C’est la fête pour les filles. Surtout qu’aujourd’hui, au programme 35 km et 900 mètres de descente pour rejoindre Curacautin. La piste, en sous-bois, est en bon état et nous permet de belles pointes de vitesse. Point d’orgue de la journée quand en bout de ligne droite, surgit derrière un bosquet le cône enneigé du volcan Llaima. Nous restons sans voix, parcourus par un petit frisson d’extase!!! Notre prochaine destination est un col contournant le volcan par l’est. Un brin enneigé peut-être?

10 réflexions sur “Les chANDESris en vélo…ou pas!

  1. Anonyme 23 octobre 2019 / 05:17

    Hola, que maravilloso saber de ustedes, nos alegramos mucho, por su hermoso viaje, Martina Manda cariños, siempre los recordamos, que Dios los siga bendiciendo, Katherine, Felipe, Emilio y Martina.

  2. Bernard 21 octobre 2019 / 14:26

    Le voyage prend une tournure spectaculaire avec la montagne, la neige et les volcans. Encore quelques trajets en pick-up et vous serez vite au cœur des Andes… Nous attendons la suite de l’aventure avec impatience.
    Je vous écris de Sumatra (pour mission de travail), près du lac Toba, et proche du volcan Sinabung.

  3. SECONDY 20 octobre 2019 / 17:55

    Un vrai plaisir de vous lire, je rentre de Madrid avec les Euros, nous avons beaucoup parlé de vous et de votre aventure en particulier en visitant l’exceptionnel musée des Amériques dans la capitale Espagnole.

  4. Pierre 20 octobre 2019 / 15:21

    Vraiment top, profitez à fond de cette magnifique aventure !!! Bises !

  5. Marc et Christine 20 octobre 2019 / 08:38

    Oups !!! Notre petit-déjeuner est passé un peu de travers à la lecture du début de votre récit. Mais tout est bien qui finit bien . On ne se lasse pas de vos récits, photos et sourires.
    On vous embrasse

  6. Anonyme 19 octobre 2019 / 20:05

    Je prends enfin le temps de vous contactez , je vois que tout se passe bien et que les filles comme vous font de belles rencontres. J’envie vos cerisiers ici il fait gris et humide les vacances de toussaint commencent.. Merci de partager votre voyage avec nous.
    Estelle

  7. Odile 19 octobre 2019 / 14:07

    On se regale de vous suivre, vos photos sont magnifiques, la plume de Fanny un vrai bonheur, vos mines rejouies parlent pour vous, le bonheur, continuez on ne vous lache pas. Alain et Odile

  8. Marion 19 octobre 2019 / 07:44

    Du stress, de la pluie, du réconfort, du confort ! les épisodes sont de plus en plus complet, c’est très pro ! Sans blague, après le passage en zone pas très sûre vous avez dû savourer encore plus cette étape réconfortante dans le Parc. Et buena suerte pour le col enneigé !!

  9. Damien 19 octobre 2019 / 07:14

    Comme toujours, quel plaisir de vous lire au réveil ! Pour nous on devait monter dans les Alpes pour un combo rando (tous) / VTT (Damien et Xavier) / Montgolfière (Xavier et Steph), mais malheureusement c’est un gros WE de pluie… 🙁 Mais on a dit « comment ils font les chANDESris quand il pleut ? ils roulent quand meme » alors on prévoit bien de sortir qqsoit le temps. Bises. On pense bien à vous. Damien

  10. MAT 19 octobre 2019 / 06:53

    Futes les lamas …Un peu de 4*4 pour les cotes, des sources d’eau chaudes pour se détendre, de la descente pour repartir et un cône en dessert ! Bravo . Le col de l est comme vous dites c est peut être pas la même histoire . Vous nous raconterez . On est avec vous .bises chaudes

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