Road trip argentin

Pendant que Damien recherche des cartons, nous jouons au coiffeur, faisons école au camping et rencontrons de nouvelles petites copines. Finalement, nous trouvons bien de quoi emballer les vélos… et surtout une voiture pour nous mener jusqu’au Nord. Ainsi, nous profiterons du voyage pour visiter les 2500 km qui nous séparent de Cafayate. Et en termes de paysages, nous allons être servis….

A quelques centaines de kilomètres de Bariloche, nous découvrons une nouvelle Argentine, celle des plaines écrasées par la chaleur où rien ne pousse à part quelques buissons épineux et quelques touffes d’herbes jaunes. Rien à l’horizon, à part le serpentin d’asphalte sur lequel nous filons à une vitesse qui ne nous ressemble pas. Presque 300 km sans rencontrer une maison… Nous apprécions d’être motorisés sur ce tronçon!

Ce désert est intimidant et époustouflant à la fois. Quelques oasis apparaissent ça et là, des tâches de verdure dans ce décor minéral. Nous apercevons nos premiers Nandus sauvages, sortes d’émeus. Nous en profitons pour faire nos pauses déjeuner, à l’ombre de quelques peupliers. Peu à peu, des cônes volcaniques apparaissent à l’horizon. Nous rentrons dans une zone où il y a la plus forte concentration de volcans au monde. Ils sont inactifs mais impressionnants. Les montagnes se parent de mille couleurs, de l’argenté au doré en passant par le rouge foncé. Il semblerait que quelqu’un s’est amusé à renverser des sables de couleurs différentes sur ces montagnes. Le résultat nous subjugue. Peu à peu, la plaine laisse place à des canyons et le goudron à du ripio.

Nous trouvons un petit coin plat le long du Rio Grande, pour planter la tente. Le soleil se couche en embrasant les montagnes ocres, laissant la place à un magnifique ciel étoilé. Nous tentons de repérer les constellations mais ne sommes pas très forts à ce jeu-là!!

Nous roulons au cœur d’une ancienne coulée de lave, que les eaux boueuses du Rio Grande creusent année après année. En bord de route, des autels ornés de drapeaux rouges et de bouteilles d’eau nous interpellent. Il s’agit ici de vénérer la Difunta Correa, une épouse partie sur les routes avec son nourrisson pour retrouver son mari guerrier. Elle sera retrouvée morte de soif – d’ou les offrandes d’eau -, son nourrisson vivant accroché à son sein. Un miracle encore fêté aujourd’hui!

Pour nous, ce sera une pause gastronomique. Nous nous arrêtons en même temps qu’un bus d’excursion, dont les organisateurs nous offriront généreusement café et croissants.

La piste nous laisse encore une fois un « souvenir » dans le pneu. Heureusement, la route est bordée de « gomeria » (réparateur de pneus, appelé « vulcanizacion » au Chili), on ne doit pas être les seuls à crever!!!

A l’approche de Mendoza et à mi-chemin, il devient urgent de se rafraîchir tant la température monte au fur à mesure que nous nous rapprochons de l’équateur. Dans le petit village de Pareditas, le terrain de sport municipal avec piscine nous accueille gratuitement, mais nous sommes les seuls, c’est louche…. tout s’explique, la piscine n’est pas en état! Quel dommage! Mais on se rattrapera le lendemain près de Mendoza avec une journée de repos dans un camping avec piscine, verdoyant comme on les aime et sans poussière! Un petit coin de paradis.

La route est encore longue. Après avoir quitté la vallée fertile de Mendoza, c’est de nouveau au cœur d’un désert tout plat que nous roulons. Notre objectif est de rejoindre les parcs nationaux d’Ischigualasto et de Talampaya, connus pour leurs formations géologiques et leurs os de dinosaures!

Après avoir traversé des gorges ocres, nous arrivons à Ischigualasto en fin d’après-midi, l’heure idéale pour commencer la visite tant attendue! Une belle surprise nous attend sur le parking! Mais je ne vous en dis pas plus, c’est Manon qui se chargera de raconter la visite de ce superbe parc dans le prochain article.

Le soir venu, le soleil illuminera les gros nuages d’orage qui se rapprochent! Quels jeux de lumières quand les éclairs se déchaînent…. heureusement, bien loin de nous!

Un petit habitant a dormi avec nous dans le hall. Brrr…. Fanny a horreur de ça!

En route maintenant pour le parc de Talampaya, situé à une petite centaine de kilomètres. Tout près quoi!!! La chaleur est insoutenable, on abandonne l’idée de la rando sous 47 °C…. Le canyon de Talampaya est impressionnant par la dimension de ses falaises et leurs couleurs. Au dessus de nos têtes, 145 mètres de grès rouge sang, façonnés par des millions d’années de vent et de pluie. A certains endroits, de véritables tubes ont été creusés, et font caisse de résonance lorsqu’on s’amuse à crier à leur base, pour la plus grande joie des filles. Encore une fois, nous nous laissons porter par le paysage pour imaginer une cathédrale, un moine, une bouteille….

Après ce voyage dans le temps, nous reprenons la route qui s’engouffre rapidement dans de belles gorges verdoyantes et ocres. Au détour d’un virage, nous apercevons juste au-dessus de nous un majestueux condor! Il se laisse porter par les vents chauds et plane un long moment devant nous. Quel spectacle!

Nous devons être demain soir à Cafayate, alors nous enchaînons les kilomètres, grignotons dans la voiture quelques donuts et fruits secs. Il faut dire que rassurés par le véhicule, nous nous sommes très mal organisés en termes de provisions. Et finalement, même en voiture, les distances entre deux villages sont énormes et ici, entre 14h00 et 19h00, tout est fermé. Il faut donc bien calculer!!! Nous traversons des villages aux maisons en adobe. Il est parfois difficile de savoir si les bâtiments sont en construction ou à l’abandon…

La nuit est tombée depuis longtemps, quand les filles se demandent si on dormira dans la voiture. Mais nous avons décidé de rejoindre les thermes de Hualfin, un peu à l’écart de la route 40. On peut y camper. En chemin, tornades et tempêtes nous poursuivent.

Nous traversons un torrent boueux et bien caillouteux seulement éclairé par nos phares et trouvons enfin les thermes. Il est 22h30 quand nous montons la tente, avec l’accord de la gérante. On ne dormira pas dans la voiture!! Mais, vers 1h00 du matin, elle vient nous réveiller, en nous conseillant de nous abriter sous le préau d’une bâtisse. L’orage menace… Un peu à contre cœur, nous suivons tout de même ses conseils et tentons d’amarrer comme nous pouvons la tente aux différents piliers de l’abri, aidés par une autre famille de campeurs. Quelques gouttes plus tard, on se dit que le déménagement n’en valait pas la peine. Mais au petit matin, après une nuit peu réparatrice, nous sommes bien contents quand l’on voit l’état de notre premier emplacement dans lequel s’est accumulée toute l’eau de la colline! Comme quoi, il faut toujours écouter les conseils avisés des locaux!

Nos voisins de « galère » nous conseillent de nous arrêter aux Ruines de Quilmes. Mais le torrent d’hier a gagné en impétuosité. De grosses pierres roulées par le courant ont envahi le chemin. Damien le traverse à pied pour repérer le meilleur passage, on attend un peu et en début d’après midi, nous retrouvons la ruta 40.

Les ruines de Quilmes se situent dans un décor de Western: vielles pierres, énormes cactus, épineux en tout genre! Cette civilisation pré-inca construisait des maisons aux murs à double parois: deux rangées de pierres séparées par une épaisseur de graviers et de sable pour une isolation optimale et une résistance aux combats. C’était en effet un peuple guerrier qui a résisté pendant plus de 100 ans aux conquistadors espagnols. Il vénérait la « Pachamama » la terre mère, en ne lui prélevant que le nécessaire… A méditer! Le musée interactif est passionnant et la balade entre les murets en terrasse devient un jeu de labyrinthe pour les filles. Un belle découverte culturelle pour toute la famille. Papa et Maman connaissent maintenant l’origine du nom de la bière qu’ils dégustent en apéro!

Nous arrivons en fin de journée à Cafayate et nous installons au camping municipal, équipé d’une belle piscine. Après une belle soirée au restaurant autour d’un asado local, et une bonne nuit, Damien part rendre la voiture à Salta. La Serenata, célèbre festival de musique folklorique, commence dans quelques jours. Mais ça, c’est une autre histoire!

22 réflexions sur “Road trip argentin

  1. Christian et Janine 27 février 2020 / 21:47

    Changement de décor , de couleurs mais toujours d’aussi belles photos,de belles histoires et des visages radieux . Merci pour ce partage
    Manon , nouveau coiffeur de la famille.Super, on t attend , comme on attend , avec impatience ton reportage sur le parc d ‘ Ischigualasto….
    On vous embrasse bien fort

    Christian et Janine

    • Fanny 29 février 2020 / 04:20

      Merci!! La suite vient de paraître…. on vous embrasse très fort.

  2. CHRISTIAN Les voisins 27 février 2020 / 16:53

    Bonjour,
    Nicole et moi suivons votre voyage et sommes épatés par les endroits où vous passez : cols enneigés, endroits désertiques, canicules et tornades…
    Les photos sont magnifiques… Bonne continuation pour votre périple !

    • Fanny 29 février 2020 / 04:15

      Merci beaucoup pour vos encouragements! A très bientôt !

  3. Marc et Christine 27 février 2020 / 14:24

    Les rôles sont inversés, vous en voiture et nous à pieds, vous dans le désert et nous dans les montagnes , vous écrasés par la chaleur et nous très aérés par le vent de Patagonie.
    Quilmes is good for us tous les soirs et maintenant elle aura une autre saveur !
    Bon courage pour la reprise du vélo

    • Fanny 29 février 2020 / 04:14

      Merci pour tout… je viens juste de finir la bonne confiture ! Bon retour ! On vous embrasse fort.

  4. Anonyme 27 février 2020 / 13:46

    Ah le rendez-vous avec les Lamas !! alors là, je me suis demandé si j’avais raté un épisode… j’en étais restée au plan autocar et surtout vélos dans cartons qui voyagent indépendamment et je me faisais tout un film : les vélos qui n’arrivaient pas en même temps que toute la famille, etc. Et finalement je vous retrouve en pick-up, vélos dans le coffre et cheveux au vent !!! Vous êtes sacrément débrouillards !!
    Véronique

    • Fanny 29 février 2020 / 04:12

      Merci Véronique !!!! Une autre façon de voyager qui nous a permis de découvrir des lieux que l’on n’aurait pas atteints en vélo ! A très bientôt!

  5. chantal krief 27 février 2020 / 13:34

    Wouah!!! Merci pour ce beau reportage détaillé et ces belles images qui nous emmènent avec vous, manque que les odeurs et la poussière -à imaginer- hihihiiiii! Super organisation aussi. Bravo à vous tous et bonne continuation

    • Fanny 29 février 2020 / 04:07

      Merci Chantal ! ! Ah, cette poussière qui s’infiltre partout et qui colle!!!! On va en avoir encore pour quelques semaines!! !! Bises

  6. Steiniger Martin 27 février 2020 / 13:16

    Cool ce roadtrip!! Encore et que des paysages magnifiques…Ca doit vous changer du velo et donner un peu plus de liberté de visiter des sites touristiques. Un peu de confort!

    • Fanny 29 février 2020 / 04:06

      C’est vrai que c’est bien agréable un peu de confort! Ce soir, nous nous sommes même offerts le luxe d’un vrai lit! Bises à tous les 5

  7. Famille Mercat 27 février 2020 / 13:10

    Que de souvenirs ! Nous avons fait cette route dans l’autre sens. Belles photos et jolis textes, bravo pour votre récit !

    • Fanny 29 février 2020 / 04:01

      Merci encore! On admire votre courage de l’avoir fait à velo sous la chaleur. Vous nous inspirez!!!

  8. Jean 27 février 2020 / 12:34

    Quelle belle remontée vers le Nord !
    Merci Fanny pour ce beau reportage! merci pour ces belles photos, la tente sous les étoiles, la falaise de gré, etc…
    Nous attendons impatiemment le récit de Manon !!
    Gros bisous à tous les cinq, on languissait d’avoir de vos nouvelles !!!!!

    • Fanny 29 février 2020 / 04:00

      Merci!!! On a eu du mal a se poser tranquillement pour partager nos récits!!! Vous comprendrez mieux dans l’article sur cafayate😉😉 ! A bientôt bises

  9. Anonyme 27 février 2020 / 10:23

    Merci de partager ces belles histoires et de nous emmener avec vous par les photos !! J’en viens presque à jalouser les 47 degrés argentins à côté de la grisaille parisienne …
    Bises
    Inès

    • Fanny 29 février 2020 / 03:57

      Merci à toi, Inès pour tes messages!!! Bon courage pour la grisaille. Il doit te tarder les vacances de Pâques pour retrouver l’ambiance latino-américaine ! Bises

  10. PATRICK HUBERTY 27 février 2020 / 06:29

    Bonjour, et merci pour ces rayons de soleil, de vie, de joie que vous nous envoyaient… Bises. Patrick

    • Fanny 29 février 2020 / 03:55

      Merci encore Patrick !

  11. Damien 27 février 2020 / 03:54

    En tout cas à Quilmes, la bière est plus fraîche que les tortillas au fromage…. nos estomacs s’en remettent à peine

  12. Mat 27 février 2020 / 02:55

    Hello, ca me rappelle des sacres souvenirs . Merci pour tous ces details, on s y croirait. quilmes est beaucoup plus vert qu en juillet :-). Quilmes is good for you !

Répondre à Anonyme Annuler la réponse.